ERIC DUFAVET, L’ARROSEUR À ROSÉ ! #11

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rosé

Présentez-nous le Conseil des Vins de Provence (CIVP)  Qui regroupe-t-il ?  Quel est son objectif ?

Le CIVP est une interprofession viticole qui rassemble les deux familles « Production » et « Commerce ». Elle représente l’ensemble des producteurs et négociants des appellations : Côtes de Provence, Coteaux d’Aix en Provence et Coteaux Varois en Provence, soit plus de 600 entreprises. Ces trois appellations sont réparties
sur plus de 26 000 hectares et produisent environ 1.3 millions d’hectolitres de vins AOP dans les trois couleurs à dominante rosé pour 88.5% en 2015. Nous avons pour objectif de renforcer le poids de la filière viticole provençale, en disposant de moyens d’actions et financiers collectifs plus importants. Sous la marque ombrelle « Provence », il permet la valorisation des spécificités de chaque appellation.

Quelles sont les spécificités du vignoble des vins de Provence ?

La Provence viticole, c’est 2600 ans d’histoire. Elle a commencé lorsque les phocéens ont créé Marseille et ont planté les premières vignes. A l’époque le vin était clair comme le rosé : la Provence est le berceau du rosé, c’est la plus ancienne région  viticole française. Aujourd’hui, c’est la région spécialiste du vin rosé. Elle combine à la fois le savoir-faire des vignerons et les bienfaits d’un terroir propice avec notamment l’influence de la mer et du mistral qui assèche les vignes après la pluie (d’où un faible impact des maladies en Provence).  Nous bénéficions aussi d’un ensoleillement exceptionnel, de cépages ad-hoc et de sols adaptés (cristallins & schisteux à calcaires-argilocalcaires selon les terroirs).
Le savoir-faire des vignerons,  au-delà de leur longue expérience dans la production et la vinification du vin rosé évolue sans cesse.  Notamment grâce aux travaux du Centre de Recherche sur le Vin Rosé, créé par la filière il y a plus de 15 ans, dont l’objectif  permanent est de travailler sur une  qualité optimale et irréprochable de nos vins.

Quel est votre ressenti sur le Millésime 2015 ?

Les volumes et la qualité sont au rendez-vous pour satisfaire les attentes du consommateur et l’ensemble des marchés. On mise sur des rosés aux robes pâles, franches et lumineuses et aux arômes d’agrumes, de fruits exotiques ou de fruits rouges. Les vins rouges promettent un beau potentiel aromatique, structuré avec un fort potentiel de garde pour certains. Les blancs seront expressifs et puissants avec des arômes aux notes florales et de fruits.

On entend de plus en plus parler de rosés de gastronomie. Est-ce une nouvelle manière de consommer le rosé ?

Les accords mets et vins sont au cœur de notre communication et les qualités intrinsèques du rosé de Provence permettent de nombreux mariages culinaires.  Ils sont parfaitement adaptés aux nouvelles cuisines du monde mais ils ont aussi tout à fait leur place sur une table d’un restaurant gastronomique, ce qui est le cas aujourd’hui. Nous avons beaucoup travaillé dans ce sens avec des chefs reconnus. Ceci n’empêche pas certains producteurs d’élever des vins rosés pour en faire des vins de garde, permettant ainsi de développer des qualités organoleptiques adaptées aux mets les plus sophistiqués.

Vous travaillez à valoriser les Vins de Provence. Quels sont leurs atouts ?

Nous ne sommes pas leaders de la catégorie « rosé » sans raison ! Deux facteurs clés expliquent notre position aujourd’hui et l’engouement du consommateur (français ou étranger) pour nos vins : la qualité et la typicité. La qualité de nos vins est une  condition sine qua non de notre réussite et nos vignerons s’attachent à produire des vins irréprochables.

La Provence, grâce aux travaux du Centre de Recherches sur le Vin Rosé, bénéficie d’une longueur d’avance en termes de performances techniques. Nous devons maintenir ce cap ! C’est notre typicité qui nous différencie des autres, ce qui fait que la Provence est à la fois non reproductible et loin des produits standards présents sur le marché. Nous qualifions habituellement nos vins de rosés secs, clairs et aromatiques. Mais ce style est la résultante de deux facteurs essentiels : le terroir et le savoir-faire du vigneron.  Le terroir est une combinaison savante entre l’ensoleillement, le vent, l’influence maritime, le choix du sol et du cépage… Le savoir-faire est quant à lui issu d’une tradition de la  Provence à être spécialisée en rosé depuis très longtemps. Il se traduit depuis le choix spécifique de la parcelle jusqu’aux modes de vinification en passant par la conduite du vignoble. Enfin, tout en gardant un « air de famille » typique, les vins de  Provence affichent une diversité relative à ses terroirs qui permet au consommateur de toujours trouver le vin le mieux adapté à son moment de consommation.

Un coup de cœur pour ce Millésime 2015 ?

Ce n’est pas de mon ressort de vous donner ce genre d’information : j’invite chacun à définir sa ou ses préférences en fonction de ses goûts et de ses moments de consommation !